"A Gallery for Artists and Collectors
who are Independent of Mind, Brave and Loyal."

Tuesday 23 April 2013 to Sunday 12 May 2013
Exposition No.2 Frédéric HÉGO 2013

Au début des années 2000, flânant sur internet, mon regard s’est arrêté sur une peinture de Frédéric HEGO. Je l’ai contacté par email pour essayer, sans succès, d’acheter cette toile. Cette technique mixte, peintures et collages a finalement rejoint ma collection quelques années plus tard, lors de notre première rencontre.
Frédéric habitait alors de l’autre côté du périphérique, à l’Est de Paris où il enseignait la peinture et partageait un atelier spacieux avec d’autres artistes.
Frédéric ne parle pas beaucoup, il regarde écoute et pose des questions ; il répond également, sans mots gratuits. Puis, lorsque la « glace est rompue » les échanges commencent, avec moins de réserves. Lors de nos longues discussions, j’apprécie l’intégrité et la profondeur du lien amical qui se construit.
Parler avec Frédéric, c’est comme regarder ses toiles. On est d’abord marqué par la sonorité et la pudeur  de mots, toujours précis, parfois cinglants et même froids ou rugueux. Pourtant, au fil de l’échange, ne reste que la chaleur, la profondeur, la poésie, l’humour cruel et si clairvoyant sur la société. Frédéric a un regard sans concession du Monde dans lequel il vit, sans plus jamais regarder la petite lucarne.
Bref, les mots et les phrases de Frédéric sont comme ses toiles, faites de bouts de rien et de tout. Ce que la société cherche à cacher, Frédéric le montre et ce qu’elle voudrait flatter et valoriser, il le cache. Avec Frédéric rien n’est immédiat, il ne rend la rencontre avec son travail accessible qu’à celui qui cherche, regarde, interroge, écoute et finalement vit puis partage les émotions lourdes et graves qui transpirent et parfois bavent de ses tableaux, aux nombreuses coulures si précises.
Sa série des têtes rondes et celle des peuples rouges sont une formidable galerie de portraits de l’Homme, qui y est affublé de ses travers, névroses et maladies. Frédéric Hégo assume que le Monde, sous le vernis d’une image impeccable, dissimule en fait une grande laideur morale et physique.
Ce qui défile (plutôt que « ceux qui défilent ») sur les toiles de Frédéric ne laisse jamais indifférent, parfois cela nous amuse, mais souvent c’est l’effroi qui nous inonde face à ces vaniteux, finalement bien médiocres. Comble de cette atmosphère infernale, même les enfants sont laids et « pire » encore, les fillettes sont crasseuses.
Suiveur des artistes de la Renaissance, Frédéric HEGO ne cesse de lire, de chercher, de s’instruire et de s’imprégner de notre société. Il est modeste, travailleur acharné, totalement investi dans son Art et dans ses peintures, dessins et gravures. Il est exigeant et peut attendre des années avant de finir une toile ou de l’abandonner. Frédéric ne s’encombre pas ou peu, il avance avec la liberté frugale des artistes contemporains.
Pour Fréderic, regarder le passé de son œuvre pour préparer sa rétrospective au 55Bellechasse est un véritable défi, tant il s’attache à son présent et à ses projets.
Pour reprendre les propos de Wajdi MOUAWAD, Frédéric HEGO est comme « un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les œuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il œuvre, et de cette merde abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté. »
Finalement, Frédéric HEGO, comme avant lui GOYA ou SCHIELE, est un peintre de « l’optimisme caché » sous des coulures et collages qui masquent la vie, les couleurs et l’espoir, premiers jets de tous ses travaux.
Alors plutôt que de ricaner, comme aux moyen-âge, devant le spectacle offert par les montreurs de monstres, contre un sou, laisser votre regard insister pour échapper aux apparences, non des œuvres de Frédéric, mais de notre Monde, pour y trouver les traces d’un avenir possible, d’une nostalgie positive.

Bertrand SCHOLLER

(Et Wajdi MOUAWAD pour son « scarabée » - www.wajdimouawad.fr)

 

  

Talking with Frédéric is like watching his paintings. One is at first stricken by the sonority and modesty of the words he uses, always accurate, sometimes scathing, and even cold or rough. However, as the conversation goes on, there only remains the warmth, the depth, the poetry, and the so cruel and clear sighted humour on society.  Frédéric looks with no concession upon the world in which he lives, and no longer watches television. In short, the words and sentences of Frédéric are like his paintings, made of bits and pieces. What society seeks to conceal, Frédéric points it out, and what it would flatter and value, he hides. With Frédéric, nothing is just out-of-the-box. He makes the encounter with his work only accessible to those who search, watch, question, listen and who finally live and share the heavy and deep emotions that sweat off and sometimes dribble and drool from his paintings, with so many accurate streaks.

In the wake of the artists of the Renaissance, Frédérick HEGO never stops reading, keeps on searching and learning. He means to be permeated with our society. He is modest, an indefatigable worker, thoroughly invested in his Art, and in his paintings, his drawings and his engravings. He is exacting and able to wait for years before achieving a painting, or discard it.. Frédéric does not, or almost not, burden himself uselessly ; he moves forth with the frugal freedom of contemporary artists.

 For Frédéric, contemplating the past of his work to prepare his retrospective at 55Bellechasse is a genuine challenge, so strongly is he bound to his present and to his projects.

To take up the words of Wadji MOUAWAD, Frédéric HEGO is like « a beetle which finds in the very faeces of society the necessary food to produce the works which fascinate and deeply upset his fellow men. The artist, like a beetle, feeds upon the shit of the world he works for  and from this abject shit  sometimes he manages to force beauty to gush out and soar ». So, rather than giggle and chuckle for a penny, like in the Middle Ages, at a monster show  let your eyes linger to escape from the appearances, not the appearances of Frédéric’s work, but from our World’s to find therein the traces of a possible future of a positive nostalgia.

Bertrand SCHOLLER

April 2013

(And Wadji MOUAWAD for his « scarabée »- www.wadjimouawad.fr)

 

 

 

55Bellechasse - Paris 7
49, 55 & 72 rue de Bellechasse
75007 Paris - France
Tel : +33 175573939 | 182070250
55Bellechasse - Outpost
7111 North Miami Avenue
33150 Miami - Florida
(By appointment)

See the famous b55 hat all around the world!

Copyright 2017 © 55Bellechasse | legal notices | about us | contact-us | info55Bellechasse.com